La semaine dernière se tenait à Linz (Autriche) les championnats d’Europe, l’occasion pour nos pongistes tricolores de briller, la concurrence des asiatiques étant bien entendu absente. L’equipe21 a retransmis la compétition, ceux qui voudraient revoir les matches peuvent le faire via les replays disponibles sur leur site.

Commençons par nos jeunes pousses, la fédération avait décidé de lancer dans le grand bain deux grands espoirs du ping en France.

Léana Hochart, la championne de France cadettes 2023, vainqueur il y a un an du top 10 européen U15 sur un score immaculé de 9-0, se retrouvait donc engagée dans les qualifications du haut de ses 16 ans. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle a fait honneur à sa sélection !

Après 2 victoires tranquilles dans sa poule de 4, elle se faisait un peu peur contre la portugaise Matos après avoir mené 2-0 et avoir été poussée à la belle, ne remportant la rencontre que 19-17 dans cette ultime manche sur sa 9ème balle de match. Mais le plus dur était fait, une victoire 3-0 plus tard lors du dernier match des qualifs et elle accédait au tableau principal.

Et là, c’est une joueuse référencée qui l’attendait, la néerlandaise Britt Eerland, 40ème mondial et tête de série n°6 de l’épreuve. Léana ne se démontait pas, ses ravageurs blocs revers et son coup droit de feu lui permettaient de mener 3-1 malgré des fautes directes un peu trop nombreuses. Elle était à nouveau poussée à la belle, mais conservait son calme et parvenait à conclure, réalisant ainsi une incroyable perf’ !

Au tour suivant, elle rencontrait Charlotte Lutz, sa compatriote titulaire en équipe de France, contre laquelle elle s’inclinait à la belle, négociant mal certaines fins de set. Mais l’avenir s’annonce radieux pour Léana, la toute nouvelle pensionnaire de Joué-lès-tours qui a également recruté la pépite égyptienne de 16 ans Hana Goda, championne d’Afrique 2024, et devrait faire des dégâts en Pro A.

Léana était également engagée en double avec Nina Guo Zheng, un autre grand espoir. A seulement 14 ans, Nina est championne de France cadettes et juniors 2024, il faut dire qu’elle maîtrise parfaitement son soft en coup droit. Nos deux championnes ont déjà joué en double ensemble et ça se voit quand elles disposent tranquillement d’une paire austro-slovaque au premier tour du tableau principal.

Par contre l’opposition était toute autre au 2ème tour avec la paire roumaine Dragoman-Samara, mais nos Françaises s’en sont sorties 13-11 à la belle après avoir vu leur avance de 2 sets être réduite à néant. Elles ne pourront néanmoins rien contre la paire serbe Lupulesku-Surkan qui survolera le quart de finale malgré un sursaut au 3ème set.

Du fait du choix de la fédération, Jia Nan et Charlotte Lutz, pourtant toutes deux membres titulaires de l’équipe de France, devaient passer par les qualifications. Ce ne fut qu’une formalité, mais dès leur entrée dans le tableau principal, elles se retrouvèrent opposées à la paire tchéco-slovaque Matelova-Balazova, futures vainqueurs du tableau, contre lesquelles elles s’inclinèrent lourdement.

Revenons aux simples femmes, outre le très beau parcours de Léana, 5 autres françaises défendaient nos couleurs. Audrey Zarif ne perdait pas un set en qualifications, mais s’inclinait 4-3 contre la Roumaine Dragoman dès son entrée dans le tableau principal. Camille Lutz, la championne de France 2024, perdait un match en poule de qualif, mais la remportait quand même et intégrait le tableau principal. Malheureusement, elle devait baisser pavillon 2-4 contre l’Ukrainienne Bratenko et quittait également prématurément le tournoi.

Prithika Pavade ne parvenait pas à effacer la déception des JO et réalisait à nouveau une triste prestation : après une victoire facile contre l’Italienne Arlia, elle tombait dès le deuxième tour contre une habituée du circuit, la Hongroise de 39 ans Pota. Courage championne, on sait que tu seras de retour au premier plan très bientôt, on intègre pas le top20 mondial pour rien !

Charlotte Lutz et Jia Nan Yuan atteignaient, elles, les quarts de finale. Pour Charlotte, il s’agit d’une compétition pleine d’espoir avec une victoire 4-0 contre Balazova, une petite frayeur donc sur Léana, une victoire 4-1 sur Lupulesku et une défaite serrée 2-4 contre la Roumaine Szocs, 12ème mondiale. Tandis que pour Jia Nan, sans être catastrophique, c’est une petite déception de ne pas voir la 18ème mondiale intégrer le dernier carré avec le tableau relativement favorable qu’elle avait, surtout à cause d’une défaite contre l’Espagnole Maria Xiao, 72ème mondiale, certes à la belle.

En guise de transition, parlons du double mixte où 2 paires françaises s’alignaient. Si l’aventure tourna court pour Camille Lutz et Jules Roland, éliminés au premier tour des qualifications par une paire croate, il n’en fut pas de même pour Prithika Pavade et Simon Gauzy, qui disposèrent très facilement d’une paire finlandaise au premier tour du tableau principal. Ils bataillèrent ensuite âprement pour se défaire des paires suédoises Bergström-Falck et Kallberg-Karlsson, toutes deux vaincues à la belle après avoir été menés. Ce beau parcours s’arrêta malheureusement en demi-finale contre les futurs vainqueurs, les espagnols Xiao-Robles sur le score de 1-3.

Passons au simple hommes : outre les titulaires de l’équipe de France, 3 autres tricolores étaient venus défendre leurs chances, eux qui n’ont que peu l’opportunité de le faire à l’international. Lilian Bardet, tout comme Jules Roland, ne parvenaient pas à franchir le premier tour du tableau principal, s’inclinant tous deux à la belle. Thibault Poret, lui, franchissait cet obstacle en s’imposant 4-2 face à l’Autrichien Kolodziejczyk. Mais surtout, il signait probablement le plus bel exploit de sa carrière au deuxième tour en matant l’anglais Pitchford, 56ème mondial, sur le score de 4-1. L’aventure s’arrêtait ensuite face au vice-champion olympique Trüls Möregard, non sans lui prendre un set, bravo Thibault !

Simon Gauzy réalisa, lui, un parcours décevant : tout d’abord vainqueur poussif 4-3 de l’autrichien Levenko, il s’inclina dès le deuxième tour contre le polonais Redzimski en 4 petits sets, tous serrés certes, mais on attendait une autre prestation de notre magicien.

Et les frères Lebrun me direz-vous ? Les fers de lance du tennis de table français ? Et bien ils étaient au rendez-vous, enfin presque … Félix était le grand favori de la compétition en simple du haut de sa place de 7ème mondial et n°1 européen. Son début de tournoi ressemblait à la balade annoncée : 4-0 sur le turc Yigenler, 4-0 sur le suédois Falck, 4-1 sur l’allemand Bertelsmeier … Puis vint ce quart de finale contre Benedikt Duda, un autre allemand … Félix menait 3-1, il eut même une balle de match dans le 5ème set, tout semblait indiquer qu’une nouvelle victoire sereine se dessinait. Mais voilà, avec ses 30 ans et sa 28ème place mondiale, Duda, la surprise du tournoi, parvint à hausser son niveau de jeu pour remporter les 3 derniers sets et ainsi réaliser une monumentale perf’ !

C’en était trop pour Félix qui n’arriva pas à contrôler ses nerfs et jeta sa raquette en travers des tribunes, écopant ainsi d’une pénalité qui fit frissonner tout le camp français : Félix allait-il être disqualifié du double qu’il disputait avec son frère ? Il n’en fut rien (défaite par disqualification, perte de points pour le classement mondial et probable sanction financière) et fort heureusement ! Car Félix et Alexis s’étaient hissés en finale du double, écartant Andersen-Groth 3-1, Robles-Ionescu 3-1, Nuytinck-Pistej 3-0 et  Kolodziejczyk-Ursu 3-0. Sur leur lancée, ils disposèrent facilement de Kallberg-Möregard 3-0, n’abandonnant même pas 15 points à leurs adversaires médusés, du bien bel ouvrage pour cette non moins belle médaille d’or !

Il faut dire qu’Alexis était sur une autre planète toute la semaine, avec son jeu à hauts risques il lui arrive parfois de rater un peu, mais quand tout rentre … Non content de survoler le tableau de doubles, il l’a également fait en simple, écœurant un à un ses adversaires : Majoros 4-0 pour son entrée en lice, Olah 95ème mondial (probablement son moins bon match) 4-2, Redzimski le tombeur de Simon 66ème mondial 4-0, Dan Qiu le champion d’Europe en titre 13ème mondial 4-1 en quarts, Möregard vice-champion olympique 10ème mondial 4-0 en demi et pour finir le tombeur de son frère, Duda, balayé 4-0 également dans une finale à sens unique. Deuxième médaille d’or pour l’aîné de la fratrie, les superlatifs manquent pour décrire cette fantastique performance que la France attendait depuis le dernier titre en simple d’Emmanuel Lebesson (remporté contre Simon Gauzy en finale pour un formidable doublé) en 2016.

Revenons un peu sur Terre, je m’en voudrais de finir cette revue sans parler des deux derniers Français qui défendaient nos couleurs lors de ces championnats d’Europe en double : Florian Bourrassaud et Esteban Dorr, qui peinent eux aussi à participer aux compétitions internationales faute de financements puisque le circuit donne beaucoup aux têtes d’affiche, mais trop peu aux autres. Ils ont franchi le premier tour 3-0 face à la paire tchèque Jancarik-Sirucek avant de s’incliner à la belle sur la paire slovène Hribar-Kozul.

Ce cru 2024 n’en demeure pas moins exceptionnel : les titres en simple hommes et en double hommes, le bronze en double mixte, des places d’honneur en simple femmes et double femmes, de très belles perfs pour Thibault Poret et Léana Hochart, un réservoir français au niveau …

Réjouissons-nous de ces très bonnes nouvelles pour le ping français, tout comme nous pouvons nous estimer heureux d’avoir les compétitions internationales retransmises gratuitement, c’est notamment le cas du circuit WTT qui est diffusé sur RMCsport via leur twitch ou leur YouTube, la seule étape française se déroule d’ailleurs actuellement à Montpellier, n’hésitez pas à aller voir à quoi ressemble le haut niveau dans notre sport adoré !

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By Mathieu

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